Pour vous présenter les symptômes du fibrome, j’ai deux possibilités. Soit je le fais de façon juste médicale, mais d’autres sites l’on déjà fait, soit je vous décris ce que j’ai vécu et comment sont apparus chacun des mes symptômes. J’ai choisi cette deuxième option. Mais pour vous aider à y voir plus clair, je vous ai mis en avant les principaux symptômes en violet, dans l’ordre chronologique de leur apparition chez moi. Je n’ai qu’un seul fibrome de 5cm, donc ma description n’est sans doute pas la même pour tout le monde. N’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de la page si vous souhaitez apporter le témoignage de votre expérience.

 

Quels sont les symptômes d’un fibrome ?

Entre décembre 2012, date de la découverte de mon fibrome qui ne mesurait qu’1cm, et ma première hémorragie en octobre 2016, tout se passait très bien pour moi. Ma gynéco à l’époque m’avait dit d’oublier complètement ce fibrome, que c’était bénin, et qu’il n’y avait pas besoin de s’en occuper. J’ai donc suivi ses recommandations à la lettre et j’ai vécu tout à fait normalement sans aucun symptôme pendant près de 4 ans. Mon fibrome était alors asymptomatique.

 

Mais j’ai commencé à avoir des signes qui montraient que mon utérus supportait moins bien la présence de ce fibrome environ un an avant cette première hémorragie. Je prends la pilule depuis l’âge de 18 ans. Avant, c’était l’horreur : douleurs et règles abondantes parfois hémorragiques. Avec la pilule, mes règles étaient toujours parfaitement régulières, elles ne duraient que 3 ou 4 jours et étaient très peu abondantes. Le rêve !

 

Puis j’ai constaté que mes règles commençaient à durer un peu plus longtemps, à être de plus en plus abondantes. J’ai pensé que c’était dû à mon âge -plus de 30ans-, que mon corps évoluait et qu’il se préparait peut être d’avantage à avoir un bébé.

 

En mai 2016, je me suis rendue compte que j’étais réveillée toutes les nuits par une envie d’uriner fréquente. J’ai pensé que j’avais une infection urinaire.

 

Et puis à la fin de l’été 2016, j’ai trouvé que mon ventre avait grossi. J’avais pris du poids mais jusqu’à présent j’avais toujours eu la chance d’avoir un ventre très plat sans rien faire. Une drôle de pensée m’a traversé l’esprit un jour que j’observais mon ventre dans la glace : si j’étais enceinte, je suis sûr que mon ventre ressemblerait à ça. Et si j’étais enceinte ? Non, c’est impossible sous pilule et avec préservatif. Mais quand même, mon ventre avait pris une forme ronde avec une boule un peu plus dure sur le coté droit, c’était curieux. Mais bon, j’ai pensé que c’était mes intestins, des ballonnements…

 

Septembre 2016, je prends donc rendez-vous avec une nouvelle gynéco, ma première et unique gynéco ayant déménagé. Elle m’ausculte sans me faire passer d’échographie, ne trouve rien d’anormal, et me prescrit des examens urinaires.

 

Octobre 2016, alors que je suis réglée comme du papier à musique, en plein milieu de cycle, je me retrouve avec des douleurs dans le bas-ventre comme si j’allais avoir mes règles. Je me dis que ça ne peut pas être cela puisque j’ai eu mes règles une semaine avant. Je pense que ça doit être l’ovulation qui est peut être douloureuse ce mois ci. Ou un début de gastro. Mais les douleurs s’intensifient et ressemblent vraiment aux douleurs précédent les règles mais en beaucoup plus fortes. Arrivée chez moi, je me retrouve clouée au lit de douleurs atroces et j’ai peur de devoir aller aux urgences. Je me lève pour aller aux toilettes et là, je sens que j’ai mes règles. Mais que se passe-t-il ? En plein milieu de cycle ? C’est pas possible! Les douleurs sont comme des contractions terribles et les saignements deviennent tellement abondants que je pense être en train de faire une fausse couche. Je connais aussi mon fonctionnement psychologique. Quand je vis des choses trop difficiles moralement, je peux bloquer mes règles. Alors comme je viens de subir une rupture particulièrement difficile deux jours avant, je me dis que mon corps est en train d’extérioriser toute la souffrance que je viens de vivre. Mais je dois quand même aller aux urgences. Je ne peux pas rester comme ça.

Bilan de l’examen : pas de grossesse, tout est normal. Mais le médecin en regardant l’échographie me dit : « Vous saviez que aviez un fibrome d’environ 4cm ? » « Euh, non !? » Et là, au bout de quelques minutes, je me rappelle de cette échographie passée il y a quelques années où l’on m’a parlé d’un truc bénin, peut être bien un fibrome. Ah oui, c’est çà. Mais il ne faisait qu’1 cm. « Et bien maintenant il en fait 4cm, il va falloir surveiller ça ».

Quand je demande au docteur qu’est ce qui a déclenché cette hémorragie en plein milieu de cycle, qui heureusement n’a duré que quelques heures, il me répond :

-          soit l’ovulation - les dates correspondent- avec un dérèglement hormonal

-          soit une grossesse, je vais devoir donc passer une prise de sang pour être sur à 100% que ce n’était pas ça (ce médecin était d’une rigueur à toute épreuve pour ces diagnostiques !)

-         soit un choc émotionnel : le médecin pense que c’est sûrement ça. Il me conseille de voir une psychologue à l’hôpital pour m’aider.

-         soit le fibrome.

Ce jour là, mon corps a fait l’équivalent d’une fausse couche : les douleurs, les contractions et l’hémorragie. Mon utérus a essayé d’expulser le fibrome.

 

Après cet épisode, mes cycles ont continué normalement quelques mois. Mais j’avais des règles qui duraient plus longtemps (7 jours au lieu de 3), avec des moments où elles devenaient hémorragiques.

 

Et le 3 janvier 2017, l’enfer absolu a commencé. J’ai eu mes règles comme d’habitude, sauf qu’à la fin des 7 jours, les règles ont continué sans arrêt pendant 43 jours : 1 mois et demi de règle sans discontinu ! Et comme si ça ne suffisait pas, j’avais en plus des épisodes hémorragiques de quelques heures où je me tordais de douleur, je n’ai jamais eu autant mal de toute ma vie, je perdais énormément de sang ainsi que des caillots de la taille de ma main ! L’utérus se contractait pour stopper les saignements comme il le fait habituellement quand on a nos règles. Mais étant déformé par le fibrome, l’utérus n’arrivait plus à fonctionner normalement. Et la présence de cette tumeur qu’il prend pour un corps étranger l’incitait à provoquer de temps en temps le mécanisme d’une fausse couche pour l’expulser.

 

Au final, soyez à l’écoute de votre corps. J’avais des symptômes sans le savoir qui m’alertaient sur la présence de ce fibrome dans mon utérus. Avoir eu envi d’uriner toutes les nuits c’était parce que le fibrome appuie sur la vessie. Quand j’ai pensé que mon corps serait exactement comme ça si j’étais enceinte, j’avais raison car mon ventre a grossi comme si j’étais enceinte de plus de 3 mois puisque mon fibrome mesurait à ce moment 4 cm, c’est à dire une clémentine, la même taille que le fœtus  à 11 semaines de grossesse.

 

Mais il ne faut pas psychoter  non plus. Si vous voyez votre gynéco tous les ans et que vous passez une échographie à chaque fois, c’est le principal.

 

L.M. 13/08/17

 

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