Et les hormones Simone ?

 

Pour vous rappeler l’impact qu’ont les hormones sur notre cycle féminin, au naturel, sans pilule, voici une petite vidéo qui illustre très bien notre quotidien en 2 minutes :

 

Maintenant revenons au fibrome. Il est hormonaux dépendant. Une fois qu’on vous a dit ça, vous êtes bien avancé.

 

Si vous prenez la pilule, on vous dit tout de suite que ce n’est pas une bonne chose à cause des œstrogènes qui feraient grossir le fibrome. La preuve. Entre le moment où on m’a découvert un fibrome de 1cm fin 2012 et octobre 2016, il avait pris environ 3cm et j’étais sous Minidril, pilule œstroprogestative.

 

Alors quand on vous conseille de passer à une pilule progestative pure pour éviter qu’il continue d’augmenter, voir peut-être le faire diminuer, bien sûr vous acceptez. Sauf qu’à l’échographie, vous découvrez que malgré ce changement de contraceptif, le fibrome a encore pris presque 1cm en 6 mois. En revanche, ce qui est bien, c’est que vous n’avez plus mal et que vous ne saignez plus. A par quelques spottings de temps en temps, ou parfois plus, sans savoir quand ni pourquoi. Enfin si. Surtout après un stress ou un orgasme. Génial non ? Chaque fois que vous prenez votre pied, vous avez peur d’en mettre partout. C’est tellement glamour… En plus, votre libido en prend un grand coup et vous avez des petits soucis de sécheresse vaginale. Quand vous dites à votre médecin que vous ne pouvez pas rester comme ça, que vous êtes trop jeune pour être nonne, il vous répond qu’il n’a pas de solution. Votre vie n’est pas en danger, vous ne souffrez plus, votre bien être, on s’en fiche. Ce n’est pas une priorité médicale.

 

Du coup, vous recherchez des solutions. Vous lisez partout que le manque d’œstrogène est responsable de la baisse de libido et de la sécheresse intime. Mais si vous prenez des œstrogènes, vous allez faire grossir le fibrome. Et si vous vous faites opérer, vous risquez d’être stérile. Alors quoi, je suis condamnée à rester comme ça ?

 

Je décide donc d’aller voir une gynéco qui m’a été recommandée à l’hôpital Tenon. Et là, j’en apprends de belles ! Quand je lui parle de mes problèmes, tout de suite elle me dit que c’est bien sûr dû à un manque d’œstrogène et que je ne peux pas rester comme ça. Elle me prescrit donc des œstrogènes en gel à appliquer matin et soir sur le corps. Mais je lui parle de mon inquiétude de nourrir le fibrome et de le faire grossir avec ce nouveau traitement. Et là, elle m’explique qu’elle a fait sa thèse sur les œstrogènes et qu’ils ne sont pas responsables de l’augmentation des fibromes. C’est la progestérone qui en est responsable. Quoi ??? Mais je prends 10 fois plus de progestérone qu’avant ! Elle me rassure tout de suite en me disant que le traitement que je prends est la meilleure solution vu ma situation. En effet, quand j’étais sous pilule mes saignements ne s’arrêtaient plus, c’était l’enfer, donc pour éviter l’opération, le Lutéran était la meilleure solution pour moi. Ouf. Mais alors, je pourrais reprendre une pilule oestroprogestative comme Belara qui contient la même molécule que le Lutéran ? Et pour éviter les saignements, je pourrais ajouter un comprimer de 5mg au lieu de 10mg de Lutéran ? Et là, le médecin me dit que c’est très judicieux, une très bonne idée qu’on essayera si le gel aux œstrogènes n’améliore pas ma situation intime. C’était le traitement que je voulais essayer depuis le début, que j’avais proposé à mon gynéco qui n’avait rien voulu entendre, et elle, elle me disait que j’étais judicieuse et que c’était une très bonne idée ! TOUJOURS S’ECOUTER ! Mais on ne peut écrire nous même l’ordonnance donc on est quand même tributaire de la décision finale du médecin.

 

Mais avec tout ce qu’elle vient de me dire je suis perdue. On m’a dit partout, aux urgences, chez le médecin, chez mon gynéco, que la pilule oestroprogestative c’était mauvais, qu’on n’aurait jamais dû me laisser sous ce contraceptif quand on m’a découvert ce fibrome et là, on me dit que je pourrais reprendre des œstrogènes ! Cette femme gynéco m’explique donc qu’on a la preuve de ce qu’elle me dit car le traitement Esmya est un inhibiteur des récepteurs de la progestérone, qu’il n’agit pas sur les œstrogènes et qu’il fait réduire les fibromes. Elle me dit que ma gynéco de l’époque a eu raison de ne pas me changer de contraceptif car on ne pouvait pas savoir comment allait évoluer le fibrome. Il pouvait augmenter, rester stable, ou même réduire. Tout est possible. Le problème c’est que chaque fibrome évolue différemment selon chaque femme et selon chaque situation. Le Lutéran, chez certaine patiente, assèche le fibrome. Pour d’autres, il le fait grossir ou le stabilise. Donc on ne peut pas savoir à l’avance comment chaque femme va réagir au traitement. Quand j’avais mes hémorragies sous pilule, ne voulant pas tester Esmya, seul le Lutéran pouvait me convenir. Il a rempli son rôle, il a arrêté les saignements. Et j’ai eu de la chance que cela fonctionne car certaines patientes sont obligées d’être opérées car même le Lutéran n’arrête pas les hémorragies sur elle.

 

En sortant de ce rendez vous, même si j’avais appris plein d’informations passionnantes, j’étais toujours perdues. Ok, les fibromes dépendent des hormones, mais pas seulement. On ne sait jamais comment ils peuvent réagir. Alors du coup, je le prends ce gel aux œstrogènes où pas ? J’ai tellement peur de le faire grossir d’avantage que je décide d’attendre avant de prendre ce traitement. On est en octobre 2017, je vais essayer la naturopathie, l’homéopathie, la phytothérapie, l’étiopathie… Et comme toutes ces sciences alternatives prennent du temps, je vais prendre mon mal en patiente.

 

J’essaie tout cela, sans succès sur ma libido et ma sécheresse intime, jusqu’en juin 2018. Là, j’apprends en plus qu’une douleur dans ma hanche droite dont on recherche la cause depuis janvier est provoquée par le basculement de mon utérus sur la droite à cause du fibrome. Mon médecin, qui était contre l’opération, me dit qu’il n’a plus que cette solution à me proposer. Nouvel effondrement moral. Mais comme toujours, après avoir pleuré et crié un bon coup deux heures au téléphone avec une amie, je décide de faire le point avec mes ostéopathes et ma chromatologue. La chromatologie consiste, avec les différentes fréquences des ondes lumineuses, à apaiser les inflammations, réduire les hématomes… Elle m’a déjà soignée avec succès des douleurs inexpliquées dans les hanches quelques années auparavant, alors on ne sait jamais, on essaye tout. Je pourrais tenter les massages internes avec mon étiopathe mais je ne suis toujours pas décidée à tester cette technique pour l’instant.

 

Entre temps, je lis un livre formidable : Les Joies d’en bas. Un peu incomplet parfois, il a par contre eu l’avantage de m’informer et de me faire réfléchir sur les causes possibles de ma baisse de libido. Bien sûr le traitement pouvait en être responsable. Mais je savais très bien aussi le rôle que peut jouer l’état psychologique, surtout dans ma situation. Etant plutôt d’un naturel stressé et anxieux, je pense que mes médecins ont toujours mis mes problèmes intimes sur ce compte plutôt que sur le traitement. Et ils n’avaient pas tord à 100%. Ce livre explique que différentes études ont essayé de prouver le rôle des hormones dans la libido sans pouvoir vraiment montrer de réelles corrélations entre les deux. Ils ont bien remarqué par contre que, selon la molécule d’œstrogène utilisée dans les pilules, le désir variait. Moi-même quand je prenais la pilule, j’avais beaucoup plus d’envies en fin qu’en début de plaquette. Donc CDFD, les œstrogènes ont un impact sur la libido. Mais ça, je le savais déjà. J’apprends aussi que le désir évolue dans une vie. Que selon notre personnalité, nos centres d’intérêts, on a plus ou moins de libido. C’est vrai qu’aujourd’hui je suis comblée par mon métier et mes projets personnels et que cela explique peut-être que je ne suis plus la jeune femme qui avait besoin de sauter sur tout ce qui bouge. En lisant ce livre je prends conscience de beaucoup de choses et je me vois sous un autre angle. De plus, le livre me propose un exercice très intéressant : dresser la liste de tout ce qui excite ma libido d’un coté, et de l’autre tout ce qui peut la bloquer. Si cette balance est déséquilibrée, il faut y travailler pour retrouver son désir. Cet exercice m’a énormément aidé. En mettant tout à plat, j’ai réalisé que ce qui me bloquait c’était la peur d’avoir des saignements ou des douleurs pendant les rapports. Mais sinon, l’envie était toujours là. En cernant le problème, il m’a parut moins incommensurable et je me suis sentie rassurée.

 

En parallèle de cette lecture, j’ai donc vu mon ostéopathe qui a travaillé sur le positionnement de mon utérus et qui, par acupressure, a rééquilibré mes énergies ainsi que mes hormones. J’ai fait aussi deux séances de chromatologie. Enfin, j’ai décidé de tester de prendre le Lutéran 21 jours et de faire des pauses de 7 jours, comme une pilule classique, pour diminuer l’éventuel impact des effets secondaires du traitement. Et je vais mieux !!! Je peux de nouveau m’assoir en tailleur. Ma hanche me fait toujours un peu mal, mais elle n’est plus bloquée comme avant. De plus, ma libido n’est plus en berne !!!! Je n’ai plus du tout de sécheresse intime et petit à petit, des envies de sexe me reviennent. Bref, je revis !!! Je ne sais pas trop quelle part a joué mon ostéo, mes prises de consciences psychologiques et la diminution de mon traitement. L’important aujourd’hui, c’est qu’il y ait une évolution positive dans cette situation qui m’empoisonne la vie depuis bientôt un an et demi. Bon, j’ai toujours des petits saignements lors des orgasmes et parfois des douleurs dans le bas ventre donc j’appréhende d’avoir des rapports et de jouir après une certaine duré d’abstinence. Mais les spottings qui arrivaient n’importe quand ont disparu, j’ai sacrément gagné en confort intime et je me sens de nouveau vivante ! Je ne m’attendais pas à une telle amélioration en demandant de l’aide pour débloquer une hanche. Comme quoi, rien n’arrive jamais par hasard.

 

 

En conclusion, oui, le fibrome est hormonaux dépendant. J’ai eu l’occasion de rencontrer une femme dont on avait retiré les fibromes et qui essayaient d’avoir des enfants en PMA et malheureusement les injections d’hormones avaient fait regrossir tous ses fibromes. Mais chaque femme et chaque situation étant unique, on ne peut connaitre à l’avance l’évolution de ces fibromes en fonction des différentes hormones. Certaines ont vu leur fibrome réduire avec le Lutéran ou Esmya, d’autres non. Certaines vont pouvoir continuer à prendre la pilule sans problème, d’autres non. Certaines verront les fibromes augmenter pendant leur grossesse, pour d’autres ils pourront aller jusqu'à disparaitre ! Tout ce que je vous écris c’est par le biais de mes rencontres et de témoignages, notamment sur mon site, qui illustrent toutes les situations que je cite.

 

Aujourd’hui sous Lutéran 10mg depuis 1an et demi, le fibrome est stable depuis un an. Je pourrais prendre des œstrogènes en gel mais je préfère éviter pour l’instant car je ne suis pas fan de l’idée de me tartiner ça tous les jours, car j’ai peur des effets secondaires, et car je ne peux pas tout essayer en même temps. Je continue à agir selon mon instinct et avec prudence pour ne pas tout dérégler. Le mécanisme des hormones est fragile. Il ne faut changer qu’un seul paramètre à la fois et attendre l’adaptation du corps pendant 3 à 6 mois. C’est long et parfois très frustrant. Mais on n’a pas le choix. Comme a dit très justement une autre gynéco qui répond à nos questions sur internet, Miss Frottis, dans son article sur Comment utiliser les comprimés d’œstradiol ? : peut importe les résultats médicaux, ce qui compte, c’est la façon dont on ressent les choses.

 

 

L.M. 15/08/18

 

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